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Saga gnostica : Hubert Aquin et le patriote errant

Saga gnostica : Hubert Aquin et le patriote errant

Éditeur : VLB MONTREAL
Collection : Le Soi et l'autre
ISBN : 9782896494095
Résumé : Reprendre contact avec les réalités de l’âme, rouvrir la « source où l’être rejaillit éternellement » : tel est l’idéal occulte, inavouable, dont procède la poétique d’Hubert Aquin. Depuis sa jeunesse, Aquin s’emploie à défaire les mailles de la conscience et à rebrousser chemin vers les arrière-plans ténébreux du Moi, vers le Plérôme des Images destinales. Il manœuvre pour se mettre au service de l’archétype auquel il est enchainé par une sorte « d’hérédité clinique », pour devenir l’instrument du vouloir obscur « qui opère en lui comme une force d’inertie ». Son œuvre ne s’accomplit pas dans le texte mais à rebours ; elle se déploie sur le terrain d’une confrontation enivrée avec la « psyché imaginante ». Elle prend la forme d’une gnose — et par « gnose » on entend ici une « épreuve de soi » fondée sur la connaissance participative du « sceau de l’âme ». « Le Patriote défait » n’en peut plus de naviguer à la dérive, au milieu de la « mer des Ténèbres », comme le dit Aquin lui-même. Il veut revenir au foyer et il appelle à l’aide. Or c’est précisément pour porter secours à ce Double mystérieux, coincé entre la vie et la mort, languissant dans une opacité impénétrable, que l’auteur se coule dans le « creuset résurrectionnel » de l’Imaginatio vera. C’est pour se libérer de l’étreinte de l’informe qu’il se tourne vers les frontières les plus extrêmes de l’écoute et qu’il se laisse dicter « l’itinéraire incertain du voyage terminal ». Toute la littérature aquinienne peut être lue comme le protocole ou comme la transcription plus ou moins fidèle d’un seul « roman fantôme », d’une seule Saga segretta — la Saga segretta de « l’étincelle » à rapatrier, la Saga que l’écrivain retrouve au plus profond de lui-même et qui contient le récit d’un retour problématique à l’île natale (au « havre funèbre du Saint-Laurent », comme il dit). Essentiellement consacré à l’analyse de la dimension gnostique de l’œuvre d’Hubert Aquin, ce livre montre que la connaissance du « sceau de l’âme » n’est pas une sinécure. Elle s’avère plutôt une « œuvre contre-nature » (opus contra naturam) qui comporte bien des risques. Pourtant, cet opus est aussi, aux yeux de l’auteur, le seul véritablement digne d’être accompli, celui qui donne à l’homme le moyen de se soustraire à l’engloutissement de la mort. Comme l’écrit Aquin, l’ouverture inconditionnelle au Négatif (c’est-à-dire à l’Image) est « une façon privilégiée d’expérimenter la vie et un préalable à toute entreprise artistique » ; elle correspond à « un mode supérieur de connaissance », à un savoir « impersonnel » qui offre le salut.
 
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