
Nirliit
Léveillé-Trudel Juliana
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Dans Nirliit, le premier roman de Juliana Léveillée-Trudel, une jeune femme se rend tous les étés à Salluit, attirée par le Nord comme par un aimant, et nous livre ses observations. Aux beautés démesurées et vertigineuses des espaces infinis se superposent les drames intimes des maisons surpeuplées : la pauvreté, les dépendances, les tromperies, les abus de toutes sortes ; rien n’échappe à la narratrice qui ose nommer la violence sans pudeur, sans chercher à la camoufler derrière la magie d’une aurore boréale ou le pelage chatoyant d’un ours polaire. Nirliit est un livre cru. Si ces chroniques du Nord sont sans concession pour les Inuits et leurs dérives, elles n’épargnent surtout pas les Blancs. La faune sudiste qui rapplique chaque été, principalement composée d’hommes (géologues, menuisiers, cuisiniers), semble incapable de résister à cette échappée nordique. Appelés par un instinct migrateur irrépressible, tout comme les oies, nirliit en inuktitut, ils vont faire le plein avant de regagner le Sud, bien engraissés d’argent, d’air pur et de chair fraîche. Heureusement, comme dans bien des histoires tristes, les enfants rient, courent partout et ouvrent toutes les portes. Ils sont porteurs de la pureté et de l’espoir, l’espoir d’une réconciliation entre Blancs et Inuits, entre l’Homme et le Nunavik, « notre territoire ».
Article paru dans le numéro 7 du magazine Paris-Montréal.



























































